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Parcours individuels - Témoignages

Ici, page ouverte aux descendants qui ont envie de partager leur histoire, leurs photos, leurs documents

 

Comment ont-ils appris que leur grand-père ou arrière-grand-père était un soldat russe venu se battre en France pendant la 1ère Guerre Mondiale ?  L'ont-ils connu ?  Ont-ils pu lui parler ?

Et lui, parlait-il de son histoire ? Où en sont leurs recherches ?

Histoire du petit-fils de Simon Rikatcheff

A LA RECHERCHE DE SIMON RIKATCHEFF, SOLDAT RUSSE 


    Mon grand-père maternel, Simon Rikatcheff, est décédé le 30 octobre 1968.

J’étais profondément attaché à lui. C’était un homme bon. Le fait qu’il soit russe (ensuite naturalisé français) et orthodoxe ajoutait à la fascination qu’il exerçait sur moi.

    Quand je m’adressais à lui, je disais « Pépère ». Quand je parlais de lui, je disais « Pépère Simon » ou « Pépère d’Ancier » (petit village de Haute-Saône, où il a fondé une famille).

    À sa mort, j’allais avoir 18 ans quelques jours plus tard. Je me souviens très bien de lui. Les images sont nombreuses gravées dans ma mémoire.

     Une parmi tant d’autres… Je me souviens d’avoir trouvé dans la grange, au fond, dans quelque recoin, accrochés à un clou, une casquette et une baïonnette. « C’est quoi ça, Pépère ? ». Je crois bien que c’est la seule fois où il m’a dit qu’il avait été soldat durant la Grande Guerre. « Je peux les garder, Pépère ? ». « C’est pour toi. »

     Je m’étais promis depuis longtemps de « faire, un jour, quelque chose, pour toi, Pépère. » 

    Confusément, cela voulait dire partir à la recherche de Simon Rikatcheff, soldat russe. Pour mieux le connaître et pour lui rendre hommage.

   Les archives familiales, recueillies par Maman et conservées pieusement pendant des décennies par moi qui en suis le gardien, contenaient documents civils et militaires, lettres en russe, photos et cartes postales (ayant voyagé ou non) … Elles allaient me fournir de précieux éléments pour mon enquête.

    Celle-ci a débuté en octobre 2014 quand mon épouse Marie-Christine et moi avons décidé d’aller en Champagne au Fort de la Pompelle, au sud-est de Reims, dans la Marne.

Je savais que Pépère s’était battu en Champagne où il fut gazé.

    Ce déplacement, à l’instinct, fut riche en découvertes et en contacts. Il allait être le facteur déclenchant de mon enquête sur Simon Rikatcheff, mon Pépère, qui fut un soldat du Corps Expéditionnaire russe en France en 1916.

    Je découvrais, de façon confuse, qu’il s’était battu dans ces lieux.

Simon Rikatcheff - Семён Ригачев

né le 31 juillet 1891 à Kourino

Commune de Samokroje

Gouvernement de Novgorod

Agent de liaison au 6ème Régiment

de la 3ème Brigade

Dès lors, je décidai de créer un blog qui lui est dédié pour raconter mes recherches et mes découvertes.

     Elles ont été riches en contacts, archivistes, historiens, collectionneurs, etc. Les lectures d’ouvrages, livres et revues, peu nombreux, ont complété mon information.

    Puis il y eut la rencontre avec d’autres descendants, fils, petit-fils, arrière-petit-fils, de soldats russes, mus par les mêmes motivations, mieux connaître l’aïeul, rechercher, qui sait ?, des cousins en Russie.

    Je fis la connaissance des premiers à Courcy le 16 avril 2015 lors du vernissage de l’exposition « Les soldats russes à Courcy en avril 1917 ».

    Petit à petit, un réseau s'est ainsi constitué.

    Au fur et à mesure des recherches, les choses se précisant, je conçus le projet d’écrire un livre, actuellement en cours d’impression : « Simon Rikatcheff, 1891-1968, un soldat du Corps Expéditionnaire russe en France en 1916, mon Pépère »[1].

    Le récit est très personnel, sans aucune prétention scientifique. Il ne s’agit pas de retracer l’histoire du Corps Expéditionnaire russe et encore moins celle de la Grande Guerre.

     Il s’agit tout au contraire de chercher dans quel environnement a évolué mon grand-père. À quels combats a-t-il participé ? Dans quels lieux ? À quels moments ? Pourquoi ? Comment ?

     Sachant ce que je sais désormais, je regrette amèrement de ne pas avoir fait parler davantage mes grands-parents, mes parents, ma tante et mon oncle ! On vit comme si les êtres aimés étaient éternels.

     Un beau jour, on découvre, un peu tard, qu’ils ne sont plus là pour raconter leur histoire ou pour préciser un point de leur parcours.

     Au moins mes enfants et petits-enfants savent quel homme fut Simon Rikatcheff !

                                                                                                                                                                      21 juin 2019

[1]. Le présent texte est tiré du préambule du livre.                                                                                                                                                    Jean-Paul Boulère

Petit-fils de Simon Rikatcheff / Semion Rigatchev

- Le journal du petit-fils de Simon Rikatcheff,  soldat de

la 3ème Brigade du Corps Expéditionnaire Russe en France :

Histoire de la petite-fille de Georges Vinogradoff

Mon grand-père, cet inconnu !

 

    Je n’ai que peu de souvenirs directs  de mon grand-père russe puisqu’hélas je n'avais que 7 ans quand il a disparu. Néanmoins je me souviens d’un monsieur très élégant dans une robe de chambre cachemire  nous distribuant de délicieux chocolats…  Tout le  reste me fut  transmis par mon père qui vouait un véritable culte à son papa  et  à son pays d’origine, la Russie…

    Qu’avait-il retenu mon père, fils de Georges Vinogradoff ? 

 

Né  le 21 avril 1898 dans un petit village de la province de Tver,  il rejoint son frère aîné à Saint-Pétersbourg et s’engage dans l’armée où il sert dans les unités de la Garde. Il se porte volontaire pour les Brigades, au grand désespoir de ses parents !

   À l'âge de 19 ans, il part d'Arkhangelsk et débarque à Brest en été 1917 avec l’unité de renfort de la  2ème Brigade. Il est acheminé dans le sud de la France et rejoint les 2ème et 4ème  brigades à Salonique. Il s’engage ensuite dans la Légion étrangère le 10 juin 1918 à Vodena où il est intégré dans le 1er régiment étranger d’infanterie comme mitrailleur. On le retrouve le 5 juillet 1918 à Lyon d'où il rejoint le front. Il est blessé   le 6 septembre près de Soissons où il est secouru par une infirmière russe. Il est  promu caporal  et reçoit la croix de guerre avec étoile de bronze.  L'infirmière, devenue comme une « marraine de guerre », lui fournira une emploi de chauffeur après sa démobilisation, le 24 octobre 1920...

 

Il se marie en France en 1923 et obtient la nationalité française le 24 février 1927 pour « le sang versé ».

   Tel était, dans les grandes lignes,  le récit familial. Mais sur les brigades, pratiquement rien,  cette histoire restait bien mystérieuse…

Comme beaucoup de ces soldats russes restés en France, le souci primordial avait  été de s’intégrer et de faire de leurs enfants de bons petits Français. D’ailleurs j’ai découvert par la suite que mon grand-père  appelait ses fils et sa fille mes «  enfants  français »…

Découvrir qui était mon grand-père, qui était sa famille, les raisons exactes de son départ  de Russie  a été  presque une quête du Graal , une sorte de mission que je me suis assignée. Cela passait nécessairement par la réappropriation de la langue de mon grand- père que j’ai eu ensuite le bonheur d’enseigner.

Ce grand-père, en devenant français, avait perdu son prénom : Egor est devenu Georges, fils d’une famille de six enfants dont il était le  plus jeune fils.

   Mon cher grand-père, je l’ai donc redécouvert, j’ai eu la chance de retrouver toute sa famille, de voir son village natal, les paysages qu’il aimait tant, de fleurir les tombes de ses parents, de recevoir en   « héritage » les lettres qu’il a envoyées à ses frères et sœurs jusqu’à sa mort, de 1921 à 1959 donc…

   Aujourd’hui cette famille séparée, si triste d’avoir perdu le frère aimé devenu comme le héros de la fratrie, s’est retrouvée et c’est tous ensemble que nous avons pu reconstituer le parcours de vie des frères et des sœurs Vinogradov.

   Mon grand-père n’est plus un inconnu, c’est un éternel jeune-homme, amoureux d’une jeune Ania avant son départ de Russie, joueur de balalaïka et d’accordéon. Puis il part pour la France et se marie avec une jolie française Elise et devient ainsi notre grand-père russe….

 18 juillet 2019

Michèle Vagner-Vinogradoff

Petite-fille de Georges Vinogradoff / Egor Alexeïevitch Vinogradov

Georges Vinogradoff - Егор Алексеевич Виноградов

Assis à gauche, en Russie avant son départ pour la France

Né le 21 avril 1898 - Province de Tver

2ème Brigade de renfort à Salonique

Georges Vinogradoff - Егор Алексеевич Виноградов

Après sa démobilisation, en 1921

...et d'autres à venir...